Ce qui a changé, et pour qui
La directive européenne relative aux exigences d'accessibilité applicables aux produits et services, dite « European Accessibility Act », s'applique depuis le 28 juin 2025. Elle ne vise pas tous les sites web, contrairement à ce qu'on lit souvent.
Sont concernés, pour l'essentiel : le commerce électronique, les services bancaires aux consommateurs, le transport de voyageurs, les livres numériques et les services de communications électroniques. Une exemption existe pour les micro-entreprises qui fournissent des services, définies comme employant moins de dix personnes et réalisant au plus deux millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.
En France s'ajoute une obligation plus ancienne, issue de la loi de 2005, qui vise les organismes publics et les entreprises dont le chiffre d'affaires en France dépasse 250 millions d'euros, avec l'obligation d'afficher une déclaration d'accessibilité et un niveau de conformité au référentiel national.
Autrement dit : une TPE avec un site vitrine n'est généralement pas dans le champ. Une TPE qui vend en ligne peut l'être. En cas de doute sur votre situation, c'est une question pour votre conseil juridique, pas pour un outil d'audit.
Pourquoi ça vous concerne même si vous êtes exempté
Parce qu'un robot d'indexation et un lecteur d'écran lisent une page de la même manière. Ni l'un ni l'autre ne voit. Tous deux suivent la structure du document, la hiérarchie des titres, les textes de remplacement des images et la langue déclarée.
Conséquence directe : la plupart des corrections d'accessibilité sont aussi des corrections de référencement. Une image sans texte alternatif est invisible pour une personne aveugle et illisible pour Google Images. Un formulaire dont les champs ne sont pas étiquetés est incompréhensible pour un lecteur d'écran et pour un assistant IA qui tenterait de vous contacter.
Et il reste l'argument commercial, rarement évoqué : une part non négligeable de vos visiteurs a une gêne visuelle, motrice ou cognitive, permanente ou passagère. Un site illisible sur ces points perd des clients sans jamais qu'aucun ne vous le dise.
Les six corrections qui couvrent l'essentiel
1. Les textes alternatifs des images. Chaque image porteuse d'information a besoin d'une description courte. Une image purement décorative doit au contraire porter un attribut vide, pour que le lecteur d'écran l'ignore au lieu d'annoncer un nom de fichier.
2. La langue déclarée. Une ligne dans l'en-tête du document. Sans elle, un lecteur d'écran prononce un texte français avec une phonétique anglaise, et le moteur hésite sur le marché visé.
3. La hiérarchie des titres. Un seul titre principal, puis des niveaux qui descendent sans sauter d'étage. C'est ce qui permet de parcourir une page de titre en titre au lieu de tout écouter. C'est exactement ce que mesure aussi le référencement.
4. Les étiquettes de formulaire. Chaque champ doit avoir une étiquette liée. Un texte d'exemple à l'intérieur du champ ne remplace pas une étiquette : il disparaît dès qu'on commence à saisir.
5. Le contraste des textes. Le gris clair sur fond blanc est à la mode et illisible en plein soleil, sur un écran usé, ou pour une personne de plus de soixante ans. Le seuil de référence est un rapport de contraste de 4,5 pour 1 sur le texte courant.
6. La navigation au clavier. Toutes les fonctions doivent être atteignables sans souris, et la position du curseur doit rester visible. Un site qui masque l'indicateur de focus parce qu'il est jugé disgracieux devient inutilisable pour qui navigue au clavier.
Ce que notre audit mesure, et ce qu'il ne remplace pas
Nous mesurons sept points automatisables, ceux qui se lisent directement dans le code de la page : présence et pertinence des textes alternatifs, langue déclarée, hiérarchie des titres, étiquetage des champs, et quelques autres.
Il faut dire clairement ce qu'un audit automatique ne peut pas faire. Il ne peut pas juger si votre texte alternatif décrit bien l'image, ni si votre parcours de commande est utilisable par une personne malvoyante, ni si votre vidéo est sous-titrée correctement. Les référentiels d'accessibilité comportent une majorité de critères qui exigent un test humain. Un outil vous dit où regarder, il ne délivre pas une conformité.
Si vous êtes légalement concerné, un audit automatique est un point de départ, jamais une preuve de conformité. Si vous ne l'êtes pas, ces sept points valent le quart d'heure qu'ils coûtent, ne serait-ce que pour le référencement.
Pour la suite, l'article sur les cookies couvre l'autre versant de la conformité.